Alexis autour du monde

et Baudelaire pour conclureet Baudelaire pour conclure

Pour l'enfant, amoureux des cartes et d'estampes,
L'univers est égal à son vaste apétit.
Ah! que le monde est grand à la clarté des lampes!
Aux yeux du souvenir que le monde est petit!

Un matin nous partons, le cerveau plein de flamme,
Le coeur gros de rancune et de désirs amers,
Et nous allons, suivant le rythme de la lame,
Berçant notre infini sur le fini des mers:

Les uns, joyeux de fuir une patrie infâme;
D'autres, l'horreur de leurs berceaux, et quelques-uns,
Astrologues noyés dans les yeux d'une femme,
La Circé tyrannique aux dangereux parfum.

Pour ne pas être changés en bêtes, ils s'enivrent
D'espaces et de lumière et de cieux embrasés;
La glace qui les mord, les soleils qui les cuivrent,
Effacent lentement la marque des baisers.

Mais les vrais voyageurs sont ceux-là seuls qui partent
Pour partir; coeurs légers, semblables aux ballons,
De leur fatalité jamais ils ne s'écartent,
Et, sans savoir pourquoi, disent toujours: Allons!

Ceux-là dont les désirs ont la forme des nues,
Et qui rêvent, ainsi qu'un conscrit le canon,
De vastes voluptés, changeantes, inconnues,
Et dont l'esprit humain n'a jamais su le nom!

Le sommeil du condorLe sommeil du condor

Par delà l'escalier des roides Cordillières,
Par delà les brouillards hantés des aigles noirs,
Plus haut que les sommets creusés en entonnoirs
Où bout le flux sanglant des laves familières,
L'envergure pendante et rouge par endroits,
Le vaste Oiseau, tout plein d'une morne indolence,
Regarde l'Amérique et l'espace en silence,
Et le sombre soleil qui meurt dans ses yeux froids.
La nuit roule de l'Est, où les pampas sauvages
Sous les monts étagés s'élargissent sans fin;
Elle endort le Chili, les villes, les rivages,
Et la mer Pacifique, et l'horizon divin;
Du continent muet elle s'est emparée:
Des sables aux coteaux, des gorges aux versants,
De cime en cime, elle enfle, en tourbillons croissants,
Le lourd débordement de sa haute marée.
Lui, comme un spectre, seul, au front du pic altier,
Baigné d'une lueur qui saigne sur la neige,
Il attend cette mer sinistre qui l'assiège:
Elle arrive, déferle, et le couvre en entier.
Dans l'abîme sans fond la Croix australe allume,
Sur les côtes du ciel son phare constellé.
Il râle de plaisir, il agite sa plume,
Il érige son cou musculeux et pelé,
Il s'enlève en fouettant l'âpre neige des Andes,
Dans un cri rauque il monte où n'atteint pas le vent,
Et loin du globe noir, loin de l'astre vivant,
Il dort dans l'air glacé, les ailes toutes grandes.

ValparaisoValparaiso

L’Île de Pâques, c’est fini. Je redescends du paradis. Je suis content d’avoir fini par ici, le meilleur pour la fin. J’ai adoré les pascuals, des gens adorables, une musique exceptionnelle. Il y a 20 groupes sur l’île pour seulement 3700 habitants ! Je vous mettrai un tube sur le site très bientôt.

Je suis maintenant à Valparaiso. Je suis logé grâce à couchsurfing chez un prof de math chilien super sympa. Voila, le retour approche, la terre est ronde. J’en aurai bientôt la preuve après en avoir fait le tour, après 365 rotations. Merci à vous de m’avoir suivi dans mes (petites) aventures, garder un oeil sur ce site. Les photos de l’Île de Pâques ne vont pas tarder , et, pourquoi pas, une rubrique musique du monde… Vamos a ver, comme l’on dit ici.

A très bientôt, et cette fois-ci, en chaire et en os, (J’ai un an de fête en France à rattraper)